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Lettre ouverte de Dominique

Bâtir le Québec de demain

Lettre ouverte de Dominique Anglade

Au terme d’une année très éprouvante, le printemps arrive enfin. La pandémie de COVID-19 a atteint le Québec en plein cœur. Près de 11 000 Québécois sont décédés, et tous les Québécois ont été touchés de près ou de loin. Plusieurs ont souffert de solitude et d’isolement, perdu leur emploi, vu leur entreprise vaciller ou même fermer.

La crise n’est pas terminée, mais l’attention se tourne peu à peu vers le monde d’après. À quoi ressemblera notre économie après la COVID-19? Quels changements voudrons-nous apporter à nos façons de vivre, de travailler et de consommer ? Reviendrons-nous au statu quo et au « business as usual », ou saisirons-nous cette occasion pour entreprendre les virages nécessaires pour bâtir le Québec de demain ?

Ce sont là les choix fondamentaux de la politique québécoise des prochaines années.

Certains seront tentés de repartir la machine exactement comme avant et comme si rien ne s’était passé. De promettre un développement économique fondé uniquement sur la course à la rentabilité maximale. De miser sur le court terme et de réduire la valeur de toute chose à son prix. De se dire préoccupés par la précarité sociale et la dégradation environnementale, bien sûr, mais sans avoir le courage de changer réellement les règles du jeu de l’économie.  

Heureusement, une nouvelle vision économique émerge, ici comme ailleurs. L’évolution a commencé avant la pandémie, mais elle s’est accélérée depuis. Pour plusieurs, la crise a clarifié la nécessité d’offrir un nouveau contrat social qui bénéficie à toutes et à tous. De se doter d’un État efficace, transparent et agile. De mettre le cap sur une société juste pour les personnes, équitable pour nos régions, et durable pour l’environnement. Cela demandera de renverser la tendance économique et politique des quatre dernières décennies. Faisons preuve d’audace et d’idéalisme – de réalisme, aussi – et choisissons une économie digne du 21e siècle.

Une idée simple

À la base de cette vision moderne se trouve une idée toute simple : l’activité économique doit être au service des humains et de la planète, et non l’inverse. Le progrès ne peut plus se réduire à ses seules dimensions comptables. Nous devons, dès maintenant, réfléchir et agir dans un cadre plus large, qui considère le progrès économique, le progrès social et le progrès environnemental comme indissociables. Nos règles économiques doivent servir la société québécoise dans son ensemble : nos idéaux, notre prospérité, nos régions, notre langue, nos écosystèmes, nos familles. Nos travailleuses, nos travailleurs et nos entreprises ont tout intérêt à se préparer, dès aujourd’hui, à l’économie de demain.

 

Ce changement des règles du jeu économique aura plusieurs bénéfices. Le gouvernement doit abandonner la règle du plus bas soumissionnaire et ajouter des critères de qualité, de provenance et d’impacts sociaux et environnementaux dans ses appels d’offres. Les investissements publics suivront la même logique. Nous utiliserons de nouveaux indicateurs de progrès pour pallier les angles morts du PIB. Il nous faudra de nouvelles formes d’entreprises à mission, de nouvelles normes d’étiquetage et de divulgation en matière d’impacts sociaux et écologiques. Il faudra repenser nos accords commerciaux pour promouvoir des échanges équitables et durables. Et il faudra un État exemplaire, dont les façons de faire, les règles et la fiscalité favorisent une vision moderne de l’intérêt public.

Cette nouvelle vision repose également sur un nouveau partenariat avec le secteur privé, appelé lui aussi à contribuer à cette transformation. Il ne s’agit pas pour le gouvernement de microgérer les entreprises, ou de les asphyxier par une fiscalité ou une réglementation envahissante, mais de jouer un rôle proactif pour aligner les incitations économiques dans le sens de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Des fondations solides

Les ambitions sont grandes, mais le Québec peut bâtir sur des fondations solides. Nous formons un peuple innovant et résilient. L’économie sociale et coopérative est déjà implantée chez nous depuis plus de cent ans. Nous avons le génie, les ressources, le courage pour entreprendre ce virage nécessaire et emballant. Et si l’on en croit les centaines de milliers de personnes – jeunes et moins jeunes – qui ont marché dans nos rues pour le climat en septembre 2019, les Québécois attendent ce virage.

En 1960, nos parents et nos grands-parents, qui rêvaient d’ouverture et de modernité, ont élu le Parti libéral de Jean Lesage, celui qui a fait entrer le Québec de plain-pied dans le 20e siècle. Soixante ans plus tard, alors que de nouveaux défis et de nouveaux idéaux nous mobilisent, il est temps de retrouver cet élan pour bâtir le Québec du 21e siècle.

Dominique Anglade

Cheffe du Parti libéral du Québec